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Florence Stefani – Témoignage

Je suis responsable d’un centre de services partagés. J’ai une grosse équipe. J’ai 60 personnes mais j’en ai eu jusqu’à 120, depuis que je suis à la SG. Je suis manager d’un centre de services partagés comptable. J’ai été directeur financier dans l’industrie, puis la communication, avant de venir à la SG.

Un accident de vie et je suis malentendante. Voilà. Malgré ça, j’ai continué à travailler et à faire des choses. Quand ça arrive, on se sent diminué. On se sent inférieur. C’est idiot. Pourquoi est-ce que je devrais me sentir inférieure à qui que ce soit ? Je suis différente. Je suis pas moins, je suis pas plus.

J’ai lu des choses dans la presse sur la Société Générale, sur des entreprises, leur attitude vis-à-vis du handicap. J’ai fait une candidature spontanée à la Société Générale. C’est une femme qui m’a recrutée. Elle connaissait ma différence. Ça n’a pas été un problème.

Elle a vu à l’entretien que ça allait bien. Ça l’a rassuré aussi. Au bout, je crois, de 6 mois, la Mission Handicap m’a ouvert un blog. J’y ai raconté ce que j’ai fait avant, ce qui m’est arrivé, pourquoi je suis venue à la Société Générale.

Et aujourd’hui, je dis stop. J’ai plus envie de vous cacher ça. J’ai plus envie de faire d’effort, de dissimuler. J’ai envie de m’asseoir à une table de réunion et demander de répéter si j’en ai besoin.

J’en ai marre de venir à vous, venez aussi à moi ou rencontrons-nous au milieu du chemin. Les choses à faire, c’est ce qu’on fait là, de témoigner, de dire : “Je suis là, j’ai un passé professionnel sympa derrière moi, “je manage une grosse équipe, tout va bien.” Cependant, j’ai une différence, donc n’ayez pas peur. “Je suis capable de faire des choses.”

On dit qu’on a une force en plus, nous, les gens qui avons vécu des difficultés. Mais c’est vrai. On a des ressources qu’on n’utilise pas quand on n’en a pas besoin. Nous, on en a eu besoin et on les a trouvées.

Je parle de ma différence, mais si je me compare à un autre, est-ce qu’il sera forcément plus que moi ? Je crois pas. J’entends pas, mais il n’y a pire sourd que celui qui ne veut entendre. Et ça, il y en a. Au quotidien !